Sam Bankman-Fried : la grâce de Biden peut-elle sauver le fondateur de FTX d'une condamnation à 25 ans ?

L’effondrement de FTX demeure l’un des plus grands scandales financiers de l’histoire de l’industrie des cryptomonnaies. Sam Bankman-Fried, autrefois brillant fondateur de la plateforme, a reçu en 2024 une condamnation de 25 ans pour fraude et blanchiment d’argent. Cependant, dans la communauté crypto et les cercles politiques, les débats ont de nouveau éclaté : une grâce présidentielle pourrait-elle changer son destin ?

Histoire des dons politiques et leur influence sur les décisions judiciaires

La discussion autour d’une éventuelle grâce à Sam Bankman-Fried ne peut être dissociée du contexte historique. Les donateurs politiques bénéficient traditionnellement d’un traitement plus favorable lors de l’examen des questions de réduction de peine ou d’amnistie.

En 2020, alors que FTX connaissait une croissance rapide, Sam Bankman-Fried a versé 5,2 millions de dollars à un super-PAC soutenant la candidature de Biden. Cette contribution en a fait le deuxième plus grand donateur privé du Parti démocrate, derrière seulement Michael Bloomberg. La question de savoir si cette histoire de soutien financier influencera la décision du chef de l’État concernant une grâce reste ouverte et suscite des réactions mitigées dans la société.

Précédents : quand les liens politiques déterminaient l’issue d’un procès

Il est légitime de rappeler des cas qui sont devenus des exemples classiques de l’influence des liens politiques sur la justice. Le tristement célèbre trader pétrolier Mark Rich a échappé à la justice pendant plus de cinquante ans, évitant de payer au moins 50 millions de dollars d’impôts. Pourtant, lors de son dernier jour à la Maison-Blanche, le président Clinton l’a gracié. Fait notable : l’ex-épouse de Rich, Denise, était une grande mécène du Parti démocrate et une philanthrope active, ayant versé des sommes importantes à la bibliothèque présidentielle de Clinton.

Un schéma similaire a été observé sous l’administration Trump. Paul Pog, condamné pour fraude fiscale, a obtenu une grâce en 2020. Selon des sources, la famille de Pog aurait versé plus de 200 000 dollars à la campagne de Trump juste avant la grâce.

Ces précédents créent une atmosphère où les spéculations sur une possible grâce à Sam Bankman-Fried ne semblent pas dénuées de fondement.

Aspects controversés du procès et son issue

Le procès lui-même de Sam Bankman-Fried comportait plusieurs éléments inhabituels. Initialement, il a été inculpé de huit chefs d’accusation, notamment de complot en vue de fraude et de violation des lois sur le financement des campagnes électorales. Cependant, en juillet 2023, les accusations liées au financement des campagnes ont été retirées du procès en raison d’un accord d’extradition avec les Bahamas.

Un second procès était prévu pour examiner ces accusations exclues ainsi que d’autres crimes liés à la corruption et au transfert illégal de fonds. Pourtant, en décembre 2023, le ministère public a annoncé qu’il renonçait à ce second procès, arguant que les preuves présentées reproduisaient largement celles du premier.

La décision du tribunal de condamner Bankman-Fried à 25 ans a suscité une vague de critiques dans la communauté crypto. Le ministère public réclamait initialement 50 ans, soulignant l’ampleur sans précédent des crimes et l’énorme montant des pertes subies par les clients de FTX. La chute de la plateforme a causé un préjudice de plus de 16 milliards de dollars aux investisseurs et créanciers, tandis que le marché des cryptomonnaies a globalement perdu environ 100 milliards de dollars de capitalisation.

Inégalité des peines comme facteur de mécontentement public

Une préoccupation majeure concerne également l’inégalité des peines pour d’autres protagonistes du scandale. Carolina Ellison, qui a joué un rôle clé dans le transfert illégal des fonds des clients de FTX vers Alameda Research, n’a écopé que de deux ans de prison en échange de sa coopération avec les autorités fédérales.

Plus frappant encore est la situation de Gary Wang, ingénieur qui a conçu le code permettant à Alameda d’accéder à des crédits illimités via un backdoor. Contrairement aux attentes, Wang a totalement évité la prison grâce à un accord avec le procureur.

Cette disparité dans les sanctions a renforcé les soupçons selon lesquels le système judiciaire pourrait être vulnérable à la pression extérieure et à l’influence politique.

Marchés prédictifs et cotes de probabilité de grâce

Les plateformes de prédiction d’événements fournissent des données intéressantes sur la façon dont divers experts et acteurs du marché évaluent la possibilité d’une grâce. Sur la plateforme Kalshi, la probabilité qu’elle soit accordée par le président Biden est estimée à 12 %, ce qui indique une probabilité moyenne, mais non négligeable, que le président envisage une amnistie.

Fait intrigant : Sam Bankman-Fried a versé la majorité de ses dons politiques (98 %) à des candidats du Parti démocrate, ce qui attire encore plus l’attention sur son rôle particulier dans le financement politique.

La probabilité comme dilemme éthique

La récente grâce du président Biden à Michael Conahan, condamné pour corruption dans le scandale « enfants contre de l’argent », montre la volonté du chef de l’État d’utiliser ses pouvoirs de grâce même pour des personnes ayant commis des crimes graves. Cela crée un précédent et soulève la question de savoir si la grâce n’est pas un outil accessible principalement aux personnes influentes et financièrement aisées.

L’avocat principal, Richard W. Painter, a vivement critiqué cette situation, déclarant que si le président accepte de gracier Sam Bankman-Fried en échange de dons politiques volés, cela constituerait une forme de corruption digne d’une procédure de destitution.

Conclusion : incertitude et questions d’équité

La question de savoir si Sam Bankman-Fried obtiendra la grâce de Biden reste ouverte. La pratique historique montre que les donateurs politiques bénéficient souvent d’un traitement favorable dans leurs demandes de réduction de peine. Cependant, il est difficile de prouver avec certitude un lien direct entre dons et grâce. Les présidents peuvent être motivés par divers facteurs dans leurs décisions.

Mais une chose est indéniable : la possibilité que des personnes influentes et riches puissent acheter une « assurance » contre de lourdes peines pénales par le biais de dons politiques constitue un défi sérieux pour les principes démocratiques de justice et d’égalité devant la loi.

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