Avec la poursuite des recherches sur la 6G, le développement précoce des technologies et la normalisation, l’intelligence artificielle (IA), l’intégration de la communication et de la perception (ISAC), l’efficacité énergétique ainsi que l’innovation dans la nouvelle couche physique deviennent progressivement des points clés d’attention dans l’industrie. En regardant vers 2026, quel sera le paysage du domaine de la 6G ? Dans cet article d’aperçu sur la 6G, l’équipe de direction et les experts techniques de Keysight partagent leurs insights de pointe, analysant en profondeur les trajectoires technologiques, les défis systémiques, ainsi que les besoins en tests et validation qui influencent le développement de la 6G, aidant ainsi les entreprises à naviguer dans un environnement industriel de plus en plus complexe et en constante évolution.
Keysight publie ses prévisions sur les tendances de développement de la 6G en 2026
Balaji Raghothaman, expert en technologie principale de Keysight pour la 6G :
« L’évolution vers la bande FR3 présente un défi unique : réaliser une couverture équivalente à celle du déploiement existant en FR1 sans ajouter d’infrastructures. Cela nécessite d’augmenter considérablement le nombre d’éléments d’antenne et d’adopter des techniques avancées de beamforming. Mais le déploiement à grande échelle de MIMO doit être synchronisé avec l’optimisation de l’efficacité énergétique. »
« Dans la 6G, l’IA deviendra une composante essentielle de l’architecture réseau. Nous progressons vers une IA agentique, où les stations de base et les appareils utilisateurs pourront fonctionner de manière autonome pour optimiser les performances. Le défi réside dans la gestion de la complexité des modèles, des contraintes de latence et de consommation d’énergie à la périphérie du réseau. »
« L’ISAC n’est pas seulement une innovation technologique, mais aussi une transformation du modèle commercial. Le réseau pourra évoluer vers un réseau de capteurs omniprésents, permettant des applications variées telles que la surveillance des soins aux personnes âgées, la surveillance des infrastructures, la détection par drones ou la conformité au trafic. L’enjeu clé est d’utiliser pleinement les déploiements existants pour créer de la valeur sans reconstruire la couche physique. »
Kalyan Sundhar, vice-président et directeur général des technologies sans fil chez Keysight :
« La bande FR3 devient progressivement une gamme de fréquences clé pour la 6G, comblant le vide entre FR1 et FR2. Mais ce n’est pas seulement une question de sélection de fréquence, c’est aussi une question de faisabilité technologique. Dans certains segments, la taille de l’antenne peut atteindre 730 éléments, ce qui est un ordre de grandeur supérieur aux déploiements 5G actuels. La réalisation de la technologie FR3 nécessite des innovations en matière d’intégration, de gestion thermique et d’efficacité énergétique. C’est à la fois une nouvelle opportunité de spectre et un défi matériel. »
« À l’ère de la 5G, l’IA était principalement limitée au côté station de base. Avec la 6G, nous entrons dans une nouvelle phase : l’IA sera intégrée aux deux extrémités de la transmission. Cela signifie des appareils plus intelligents, un réseau plus intelligent et des interactions plus intelligentes. Cela oblige également à repenser la complexité des modèles, la latence et la consommation d’énergie. L’IA doit être conçue en collaboration avec la couche physique, plutôt que d’être ajoutée en post-traitement. »
« La perception n’est pas seulement un sujet de recherche, c’est aussi une fonction clé avec un potentiel de monétisation dans la 6G. Qu’il s’agisse de détecter des micro-mouvements lors de soins ou de coordonner la collaboration robotique dans une usine intelligente, la perception peut créer une valeur concrète. Mais cela augmente aussi la complexité : il faut une précision au centimètre près, une intégration robuste avec la communication, et une capacité à basculer efficacement entre les modes. C’est précisément cela qui constitue l’avantage différenciateur de la 6G. »
Sassan Ahmadi, chef de produit SystemVue chez Keysight :
« L’ISAC bouleverse notre perception des réseaux sans fil. En utilisant les formes d’onde de communication existantes pour donner des capacités de perception, on peut transformer l’infrastructure en un réseau de capteurs distribué. Cela évite le déploiement supplémentaire de capteurs et permet des applications comme la détection par drone, la surveillance du trafic ou la sécurité industrielle. La fusion de la connectivité et de la perception redéfinira les modèles de service futurs. »
« Dans la 6G, l’IA ne se limite pas à l’optimisation du réseau, elle devient aussi une partie du circuit de contrôle. Nous envisageons d’intégrer la prise de décision en temps réel dans le RAN, en utilisant l’apprentissage machine pour le beamforming, l’allocation de ressources et la gestion de la mobilité. Mais pour cela, il faut des modèles explicables, des données d’entraînement robustes et des cadres de validation pour assurer la fiabilité dans des environnements dynamiques. »
« Sans résoudre la problématique de la consommation d’énergie, le déploiement à grande échelle de la 6G sera impossible. Des frontaux RF à faible consommation, des modes de veille intelligents, jusqu’à la gestion AI pour réduire les transmissions non essentielles, chaque niveau doit intégrer une conception économe en énergie. Cela concerne non seulement la durabilité, mais aussi la faisabilité économique et opérationnelle de réseaux à haute densité et capacité. »
Sang-Kyo Shin, chef de produit WirelessPro chez Keysight :
« Dans la 6G, l’IA n’est pas une fonction ajoutée en fin de processus, mais un principe de conception. Nous intégrons l’intelligence dans l’architecture elle-même, en choisissant les formes d’onde, la gestion du beamforming et l’allocation des ressources en conséquence. Le défi est de rendre ces modèles à la fois explicables et robustes, capables de fonctionner en temps réel dans des conditions imprévisibles, sans compromettre la fiabilité ou la sécurité du système. »
« L’ISAC vise à transformer la capacité de connexion en capacité de perception. En réutilisant les formes d’onde de communication normalisées pour la perception, on peut habiliter des applications comme la détection d’objets, la localisation intérieure ou la surveillance environnementale, sans déployer de capteurs supplémentaires. Cette fusion repose sur l’infrastructure existante, créant ainsi de nouvelles opportunités de service. »
« La 6G introduit une complexité sans précédent : boucles de contrôle pilotées par l’IA, rétroaction perceptive, interactions multi-domaines. Avant la création de prototypes matériels, des environnements de simulation haute fidélité sont essentiels pour valider ces concepts. Il faut des plateformes capables de modéliser le comportement RF, le raisonnement IA et la dynamique utilisateur pour accélérer l’itération et favoriser la collaboration interdisciplinaire. »
Javier Campos, architecte de la couche physique et responsable technique de la 6G chez Keysight :
« Dans la 6G, l’IA et le machine learning seront profondément intégrés à la couche physique pour supporter de nouvelles fonctionnalités et favoriser une gestion plus intelligente des ressources. Le défi principal est de trouver un équilibre entre ces gains, la consommation d’énergie et la complexité. »
« Les opérateurs exploitent activement le réemploi des infrastructures 5G existantes pour construire la 6G, ce qui impose des limites de conception mais stimule aussi l’innovation. Notre objectif est d’optimiser la spectro-aggrégation et l’utilisation de bandes fragmentées pour maximiser l’efficacité spectrale, plutôt que de dépendre uniquement de nouvelles bandes. »
« La perception devient une capacité native de la 6G. Nous optimisons le système dès le départ pour supporter la perception, en commençant par des scénarios comme les drones, tout en assurant sa flexibilité pour s’étendre à diverses applications et topologies perceptives. »
Giovanni D’Amore, chef de projet en nouvelles technologies chez Keysight :
« L’intégration de la photonique RF est une avancée majeure, susceptible de jouer un rôle clé dans la mise en œuvre de la 6G. En intégrant micro-ondes, millimètres et même sub-THz dans une seule puce compacte, nous pouvons réaliser un accès dynamique au spectre et l’aggrégation de porteuses tout en évitant la complexité de multiples plateformes matérielles. Cela réduit les coûts, améliore l’efficacité énergétique et accélère la transition de la R&D à la phase d’essais à grande échelle et de normalisation. »
« Les surfaces intelligentes reconfigurables (RIS) pourraient révolutionner la perception de la couverture et de l’efficacité énergétique. Ces surfaces hyper-réfléchissantes peuvent contrôler en temps réel la propagation radio, permettant une couverture à faible consommation et des capacités avancées de perception. Le vrai défi est de passer de la simulation à la déploiement réel — développer des prototypes capables de résister aux environnements réels et d’apporter des améliorations de performance mesurables. »
« L’ISAC favorisera la transformation des réseaux, passant d’un simple canal de transmission de données à une plateforme intelligente. En intégrant la perception dans l’architecture de communication, on peut habiliter des applications comme la gestion prédictive du trafic, l’automatisation industrielle avec détection de collision, ou la réalité immersive basée sur la cartographie spatiale en temps réel. Cette fusion ouvre la voie à un nouveau paradigme où connectivité et conscience du contexte coexistent sans faille. »
Nizar Messaoudi, chef de projet 6G chez Keysight :
« Intégrer différentes technologies dans un CMOS n’est pas une tâche glamour, mais c’est essentiel. Avec l’expansion vers le MIMO à très grande échelle et la miniaturisation, l’intégration hétérogène devient la clé pour réaliser la radio 6G. »
« La bande FR3 offre un bon compromis entre couverture et capacité, mais la coexistence des bandes reste un défi. La majorité des ressources de ce spectre étant déjà occupées, combiner la perception pour partager l’espace et le temps devient crucial pour déterminer la meilleure solution. Avec la WRC-27 en 2027, la délimitation des bandes mondiales deviendra plus claire. »
« L’IA devient le cœur de la conception sans fil, mais la simple capacité technologique ne suffit pas. Il faut aussi établir la crédibilité technique. Cela implique d’obtenir des données d’entraînement de haute qualité, de définir des objectifs clairs et de réaliser des tests rigoureux. D’ici 2026, la testabilité des modèles IA progressera significativement, et la confiance dans la technologie et la validation seront aussi importantes que la capacité technique elle-même. »
Francisco Garcia, scientifique en chef chez Keysight :
« Depuis des décennies, nous pouvons déterminer chaque bit de la transmission radio. L’IA brise cette certitude. Pour réaliser des fonctionnalités IA natives en 6G, il faut valider avec la même rigueur que le traitement du signal traditionnel. Sinon, on ne fait qu’ajouter de la complexité sans comprendre le coût réel. La véritable avancée viendra lorsque nous pourrons mesurer l’impact de l’IA sur le système global. »
« Au début, j’étais sceptique quant à la fusion entre la perception intégrée et la communication sémantique. Mais en réalisant que ces deux couches transmettent toutes deux de l’information codée — une physique, l’autre sémantique — cela ouvre de nouvelles possibilités : utiliser l’IA générative pour concevoir la couche physique orientée tâche. Imaginez un drone qui n’envoie plus de vidéo brute, mais uniquement les informations clés perçues pour la tâche. C’est à la fois plus efficace et révolutionnaire. »
La 6G accélère, ouvrant une révolution pour l’industrie. La fusion profonde de l’IA, de la perception, de la communication et des technologies à haute efficacité énergétique à l’échelle du système débloque des opportunités inédites, mais pose aussi des défis. Dans cette transformation globale, la capacité à simuler des scénarios réels et à effectuer des tests et validations sera un facteur déterminant. À l’avenir, les entreprises capables de mettre en œuvre des stratégies efficaces de test et validation auront un avantage décisif dans la nouvelle ère de la 6G.
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Keysight Technologies en avant-première : prévisions des tendances de développement de la 6G en 2026
Avec la poursuite des recherches sur la 6G, le développement précoce des technologies et la normalisation, l’intelligence artificielle (IA), l’intégration de la communication et de la perception (ISAC), l’efficacité énergétique ainsi que l’innovation dans la nouvelle couche physique deviennent progressivement des points clés d’attention dans l’industrie. En regardant vers 2026, quel sera le paysage du domaine de la 6G ? Dans cet article d’aperçu sur la 6G, l’équipe de direction et les experts techniques de Keysight partagent leurs insights de pointe, analysant en profondeur les trajectoires technologiques, les défis systémiques, ainsi que les besoins en tests et validation qui influencent le développement de la 6G, aidant ainsi les entreprises à naviguer dans un environnement industriel de plus en plus complexe et en constante évolution.
Keysight publie ses prévisions sur les tendances de développement de la 6G en 2026
Balaji Raghothaman, expert en technologie principale de Keysight pour la 6G :
« L’évolution vers la bande FR3 présente un défi unique : réaliser une couverture équivalente à celle du déploiement existant en FR1 sans ajouter d’infrastructures. Cela nécessite d’augmenter considérablement le nombre d’éléments d’antenne et d’adopter des techniques avancées de beamforming. Mais le déploiement à grande échelle de MIMO doit être synchronisé avec l’optimisation de l’efficacité énergétique. »
« Dans la 6G, l’IA deviendra une composante essentielle de l’architecture réseau. Nous progressons vers une IA agentique, où les stations de base et les appareils utilisateurs pourront fonctionner de manière autonome pour optimiser les performances. Le défi réside dans la gestion de la complexité des modèles, des contraintes de latence et de consommation d’énergie à la périphérie du réseau. »
« L’ISAC n’est pas seulement une innovation technologique, mais aussi une transformation du modèle commercial. Le réseau pourra évoluer vers un réseau de capteurs omniprésents, permettant des applications variées telles que la surveillance des soins aux personnes âgées, la surveillance des infrastructures, la détection par drones ou la conformité au trafic. L’enjeu clé est d’utiliser pleinement les déploiements existants pour créer de la valeur sans reconstruire la couche physique. »
Kalyan Sundhar, vice-président et directeur général des technologies sans fil chez Keysight :
« La bande FR3 devient progressivement une gamme de fréquences clé pour la 6G, comblant le vide entre FR1 et FR2. Mais ce n’est pas seulement une question de sélection de fréquence, c’est aussi une question de faisabilité technologique. Dans certains segments, la taille de l’antenne peut atteindre 730 éléments, ce qui est un ordre de grandeur supérieur aux déploiements 5G actuels. La réalisation de la technologie FR3 nécessite des innovations en matière d’intégration, de gestion thermique et d’efficacité énergétique. C’est à la fois une nouvelle opportunité de spectre et un défi matériel. »
« À l’ère de la 5G, l’IA était principalement limitée au côté station de base. Avec la 6G, nous entrons dans une nouvelle phase : l’IA sera intégrée aux deux extrémités de la transmission. Cela signifie des appareils plus intelligents, un réseau plus intelligent et des interactions plus intelligentes. Cela oblige également à repenser la complexité des modèles, la latence et la consommation d’énergie. L’IA doit être conçue en collaboration avec la couche physique, plutôt que d’être ajoutée en post-traitement. »
« La perception n’est pas seulement un sujet de recherche, c’est aussi une fonction clé avec un potentiel de monétisation dans la 6G. Qu’il s’agisse de détecter des micro-mouvements lors de soins ou de coordonner la collaboration robotique dans une usine intelligente, la perception peut créer une valeur concrète. Mais cela augmente aussi la complexité : il faut une précision au centimètre près, une intégration robuste avec la communication, et une capacité à basculer efficacement entre les modes. C’est précisément cela qui constitue l’avantage différenciateur de la 6G. »
Sassan Ahmadi, chef de produit SystemVue chez Keysight :
« L’ISAC bouleverse notre perception des réseaux sans fil. En utilisant les formes d’onde de communication existantes pour donner des capacités de perception, on peut transformer l’infrastructure en un réseau de capteurs distribué. Cela évite le déploiement supplémentaire de capteurs et permet des applications comme la détection par drone, la surveillance du trafic ou la sécurité industrielle. La fusion de la connectivité et de la perception redéfinira les modèles de service futurs. »
« Dans la 6G, l’IA ne se limite pas à l’optimisation du réseau, elle devient aussi une partie du circuit de contrôle. Nous envisageons d’intégrer la prise de décision en temps réel dans le RAN, en utilisant l’apprentissage machine pour le beamforming, l’allocation de ressources et la gestion de la mobilité. Mais pour cela, il faut des modèles explicables, des données d’entraînement robustes et des cadres de validation pour assurer la fiabilité dans des environnements dynamiques. »
« Sans résoudre la problématique de la consommation d’énergie, le déploiement à grande échelle de la 6G sera impossible. Des frontaux RF à faible consommation, des modes de veille intelligents, jusqu’à la gestion AI pour réduire les transmissions non essentielles, chaque niveau doit intégrer une conception économe en énergie. Cela concerne non seulement la durabilité, mais aussi la faisabilité économique et opérationnelle de réseaux à haute densité et capacité. »
Sang-Kyo Shin, chef de produit WirelessPro chez Keysight :
« Dans la 6G, l’IA n’est pas une fonction ajoutée en fin de processus, mais un principe de conception. Nous intégrons l’intelligence dans l’architecture elle-même, en choisissant les formes d’onde, la gestion du beamforming et l’allocation des ressources en conséquence. Le défi est de rendre ces modèles à la fois explicables et robustes, capables de fonctionner en temps réel dans des conditions imprévisibles, sans compromettre la fiabilité ou la sécurité du système. »
« L’ISAC vise à transformer la capacité de connexion en capacité de perception. En réutilisant les formes d’onde de communication normalisées pour la perception, on peut habiliter des applications comme la détection d’objets, la localisation intérieure ou la surveillance environnementale, sans déployer de capteurs supplémentaires. Cette fusion repose sur l’infrastructure existante, créant ainsi de nouvelles opportunités de service. »
« La 6G introduit une complexité sans précédent : boucles de contrôle pilotées par l’IA, rétroaction perceptive, interactions multi-domaines. Avant la création de prototypes matériels, des environnements de simulation haute fidélité sont essentiels pour valider ces concepts. Il faut des plateformes capables de modéliser le comportement RF, le raisonnement IA et la dynamique utilisateur pour accélérer l’itération et favoriser la collaboration interdisciplinaire. »
Javier Campos, architecte de la couche physique et responsable technique de la 6G chez Keysight :
« Dans la 6G, l’IA et le machine learning seront profondément intégrés à la couche physique pour supporter de nouvelles fonctionnalités et favoriser une gestion plus intelligente des ressources. Le défi principal est de trouver un équilibre entre ces gains, la consommation d’énergie et la complexité. »
« Les opérateurs exploitent activement le réemploi des infrastructures 5G existantes pour construire la 6G, ce qui impose des limites de conception mais stimule aussi l’innovation. Notre objectif est d’optimiser la spectro-aggrégation et l’utilisation de bandes fragmentées pour maximiser l’efficacité spectrale, plutôt que de dépendre uniquement de nouvelles bandes. »
« La perception devient une capacité native de la 6G. Nous optimisons le système dès le départ pour supporter la perception, en commençant par des scénarios comme les drones, tout en assurant sa flexibilité pour s’étendre à diverses applications et topologies perceptives. »
Giovanni D’Amore, chef de projet en nouvelles technologies chez Keysight :
« L’intégration de la photonique RF est une avancée majeure, susceptible de jouer un rôle clé dans la mise en œuvre de la 6G. En intégrant micro-ondes, millimètres et même sub-THz dans une seule puce compacte, nous pouvons réaliser un accès dynamique au spectre et l’aggrégation de porteuses tout en évitant la complexité de multiples plateformes matérielles. Cela réduit les coûts, améliore l’efficacité énergétique et accélère la transition de la R&D à la phase d’essais à grande échelle et de normalisation. »
« Les surfaces intelligentes reconfigurables (RIS) pourraient révolutionner la perception de la couverture et de l’efficacité énergétique. Ces surfaces hyper-réfléchissantes peuvent contrôler en temps réel la propagation radio, permettant une couverture à faible consommation et des capacités avancées de perception. Le vrai défi est de passer de la simulation à la déploiement réel — développer des prototypes capables de résister aux environnements réels et d’apporter des améliorations de performance mesurables. »
« L’ISAC favorisera la transformation des réseaux, passant d’un simple canal de transmission de données à une plateforme intelligente. En intégrant la perception dans l’architecture de communication, on peut habiliter des applications comme la gestion prédictive du trafic, l’automatisation industrielle avec détection de collision, ou la réalité immersive basée sur la cartographie spatiale en temps réel. Cette fusion ouvre la voie à un nouveau paradigme où connectivité et conscience du contexte coexistent sans faille. »
Nizar Messaoudi, chef de projet 6G chez Keysight :
« Intégrer différentes technologies dans un CMOS n’est pas une tâche glamour, mais c’est essentiel. Avec l’expansion vers le MIMO à très grande échelle et la miniaturisation, l’intégration hétérogène devient la clé pour réaliser la radio 6G. »
« La bande FR3 offre un bon compromis entre couverture et capacité, mais la coexistence des bandes reste un défi. La majorité des ressources de ce spectre étant déjà occupées, combiner la perception pour partager l’espace et le temps devient crucial pour déterminer la meilleure solution. Avec la WRC-27 en 2027, la délimitation des bandes mondiales deviendra plus claire. »
« L’IA devient le cœur de la conception sans fil, mais la simple capacité technologique ne suffit pas. Il faut aussi établir la crédibilité technique. Cela implique d’obtenir des données d’entraînement de haute qualité, de définir des objectifs clairs et de réaliser des tests rigoureux. D’ici 2026, la testabilité des modèles IA progressera significativement, et la confiance dans la technologie et la validation seront aussi importantes que la capacité technique elle-même. »
Francisco Garcia, scientifique en chef chez Keysight :
« Depuis des décennies, nous pouvons déterminer chaque bit de la transmission radio. L’IA brise cette certitude. Pour réaliser des fonctionnalités IA natives en 6G, il faut valider avec la même rigueur que le traitement du signal traditionnel. Sinon, on ne fait qu’ajouter de la complexité sans comprendre le coût réel. La véritable avancée viendra lorsque nous pourrons mesurer l’impact de l’IA sur le système global. »
« Au début, j’étais sceptique quant à la fusion entre la perception intégrée et la communication sémantique. Mais en réalisant que ces deux couches transmettent toutes deux de l’information codée — une physique, l’autre sémantique — cela ouvre de nouvelles possibilités : utiliser l’IA générative pour concevoir la couche physique orientée tâche. Imaginez un drone qui n’envoie plus de vidéo brute, mais uniquement les informations clés perçues pour la tâche. C’est à la fois plus efficace et révolutionnaire. »
La 6G accélère, ouvrant une révolution pour l’industrie. La fusion profonde de l’IA, de la perception, de la communication et des technologies à haute efficacité énergétique à l’échelle du système débloque des opportunités inédites, mais pose aussi des défis. Dans cette transformation globale, la capacité à simuler des scénarios réels et à effectuer des tests et validations sera un facteur déterminant. À l’avenir, les entreprises capables de mettre en œuvre des stratégies efficaces de test et validation auront un avantage décisif dans la nouvelle ère de la 6G.