À El Calafate, en février, le coucher du soleil commence vers 19h30. C’est précisément dans cette tranche horaire qu’il est le plus spectaculaire d’observer la descente du soleil depuis 1 600 mètres d’altitude. À l’aéroport Commandant Armando Tola, tandis que le paysage se teinte de tons orangés, nous nous préparons à une expérience qui transforme la façon de comprendre le territoire patagonique. Le vol en survol n’est pas un simple déplacement : c’est un acte de lecture du paysage.
L’avion attend : ingénierie pour des territoires extrêmes
La végétation steppique entoure la piste, secouée par un vent permanent. Huit passagers marchent vers une machine qui semble jouet mais n’a jamais été fragile : le Cessna Grand Caravan EX. Cet avion a survolé les cieux de l’Alaska, de l’Afrique et de l’Australie. Les pilotes — Lucas, Juan Manuel et Agustín — attendent vêtus de l’habit classique de l’aviation. Le premier à prendre la parole est Agustín. Son message est clair : « C’est très sûr. Nous volons bas, avec une visibilité permanente, et chaque manœuvre est expliquée. » L’information dissipe les peurs plus efficacement que toute épopée.
Dès que nous montons, nous mettons des écouteurs avec microphone. La cabine n’est pas pressurisée, mais le système d’intercommunication fonctionne parfaitement. Les sièges sont étonnamment confortables. Le moteur commence à rugir. L’avion s’aligne devant la piste. Après un roulage étonnamment court, nous décollons. Le vent secoue à peine l’aéronef.
Le décollage au coucher du soleil : l’instant où le territoire se révèle
Ce qui apparaît devant les yeux fait oublier toute inquiétude. Le turquin du Lac Argentino contraste avec le contour irrégulier de la côte. L’image est hypnotique. Ce lac concentre les eaux du Champ de Glace Patagonique Sud, trace visible de sédiments millénaires. Depuis l’air, la Patagonie se présente comme un ensemble lisible. Tout ce qui depuis la terre demande des jours d’effort s’organise en couches : lacs, steppe, forêt, cordillère. L’avion fonctionne comme un outil de lecture. Il permet d’ajuster la direction, de ralentir le regard, de choisir les angles. À environ 300 kilomètres par heure, le paysage défile lentement. Nous planons entre nuages, lumières et ombres.
Glaciers vus du ciel : la géométrie du temps gelé
Le premier objectif est de s’approcher des Tours de Paine, le massif chilien enveloppé par les nuages. Sa présence s’impose comme une frontière. S’enfoncer davantage dans la cordillère impliquerait des turbulences plus fortes, mais le vol reste serein alors que le soleil descend lentement. Les montagnes révèlent leurs plis. Le vol permet une observation presque cartographique des Andes patagoniques, ce territoire de transition où forêt et steppe se disputent le terrain.
Dans cette trame apparaît le glacier Perito Moreno. Avec une superficie d’environ 250 kilomètres carrés, c’est l’un des rares glaciers au monde qui, jusqu’à récemment, se maintenait à l’écart des reculades généralisées. Mais il a commencé à reculer. Depuis l’air, sa profondeur vers le Champ de Glace Patagonique Sud témoigne de sa connexion intrinsèque à un système plus vaste : une réserve d’eau douce qui continue de modeler le paysage.
La direction change vers l’est. Nous nous dirigeons maintenant vers le glacier Viedma et son lac éponyme. Le soleil, bas et oblique, accentue les reliefs. Le glacier Viedma est le plus grand du Parc National Los Glaciares : près de 1 000 kilomètres carrés de glace qui descendent du massif vers un lac de dimensions similaires. La couleur laiteuse du Lac Viedma contraste avec les tons ocres de la steppe. Vallées et ravins se succèdent sans pause. La géographie ne lésine pas sur les ressources. La Patagonie, vue du ciel, est aussi éblouissante qu’à pied.
Fitz Roy, le sommet patagonique : où la terre s’élève vers le ciel
La dernière image est celle du Fitz Roy tant attendu. Lucas prévient quand il commence à apparaître à la limite du champ de vision. Il est partiellement couvert de nuages. Ce sommet, de 3 405 mètres d’altitude, attire montagnards et pèlerins du monde entier. Depuis l’air, il paraît parfait : le profil découpé, les aiguilles de granit, les glaciers suspendus, les forêts à la base. Il s’agit d’une zone protégée, où les survols doivent rester à distance prudente. Pourtant, il suffit pour emporter une image indélébile : une photographie mentale que aucun téléphone ne peut totalement capturer.
Le retour : quand le territoire devient expérience
Juan Manuel annonce le retour. Après un peu plus d’une heure de vol, nous entamons la descente vers El Calafate. Le trajet entre El Chaltén et l’aéroport se résout en à peine une demi-heure ; par la route, il faudrait plus de trois heures. Le soleil commence à se coucher complètement. La piste réapparaît entre les ombres. Le Cessna atterrit en douceur. L’expérience touche à sa fin.
De retour au sol, alors que nous roulons vers la plateforme, le nom de l’aéroport apparaît sur les panneaux : Armando Tola. Pionnier de l’aviation argentine, santacruceño, protagoniste de vols d’exploration en Patagonie australe. Il a volé pour Aerolíneas Argentinas, KLM et LADE, quand ces cieux étaient encore presque vierges. Ici, voler n’a jamais été qu’un moyen d’arriver. Cela a toujours été aussi une façon de comprendre le territoire.
Coordonnées :
Téléphone : +54 9 2966 273023
Instagram : @horizonexplorertravel
Site web : hznexplorer.travel
Le safari photographique de Horizon Explorer Travel est conçu sur mesure. Il peut commencer depuis l’aéroport de El Calafate ou depuis l’aérodrome de El Chaltén, pour une durée d’une heure et demie.
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Lorsque le crépuscule tombe en Patagonie : le survol qui redéfinit la perspective
À El Calafate, en février, le coucher du soleil commence vers 19h30. C’est précisément dans cette tranche horaire qu’il est le plus spectaculaire d’observer la descente du soleil depuis 1 600 mètres d’altitude. À l’aéroport Commandant Armando Tola, tandis que le paysage se teinte de tons orangés, nous nous préparons à une expérience qui transforme la façon de comprendre le territoire patagonique. Le vol en survol n’est pas un simple déplacement : c’est un acte de lecture du paysage.
L’avion attend : ingénierie pour des territoires extrêmes
La végétation steppique entoure la piste, secouée par un vent permanent. Huit passagers marchent vers une machine qui semble jouet mais n’a jamais été fragile : le Cessna Grand Caravan EX. Cet avion a survolé les cieux de l’Alaska, de l’Afrique et de l’Australie. Les pilotes — Lucas, Juan Manuel et Agustín — attendent vêtus de l’habit classique de l’aviation. Le premier à prendre la parole est Agustín. Son message est clair : « C’est très sûr. Nous volons bas, avec une visibilité permanente, et chaque manœuvre est expliquée. » L’information dissipe les peurs plus efficacement que toute épopée.
Dès que nous montons, nous mettons des écouteurs avec microphone. La cabine n’est pas pressurisée, mais le système d’intercommunication fonctionne parfaitement. Les sièges sont étonnamment confortables. Le moteur commence à rugir. L’avion s’aligne devant la piste. Après un roulage étonnamment court, nous décollons. Le vent secoue à peine l’aéronef.
Le décollage au coucher du soleil : l’instant où le territoire se révèle
Ce qui apparaît devant les yeux fait oublier toute inquiétude. Le turquin du Lac Argentino contraste avec le contour irrégulier de la côte. L’image est hypnotique. Ce lac concentre les eaux du Champ de Glace Patagonique Sud, trace visible de sédiments millénaires. Depuis l’air, la Patagonie se présente comme un ensemble lisible. Tout ce qui depuis la terre demande des jours d’effort s’organise en couches : lacs, steppe, forêt, cordillère. L’avion fonctionne comme un outil de lecture. Il permet d’ajuster la direction, de ralentir le regard, de choisir les angles. À environ 300 kilomètres par heure, le paysage défile lentement. Nous planons entre nuages, lumières et ombres.
Glaciers vus du ciel : la géométrie du temps gelé
Le premier objectif est de s’approcher des Tours de Paine, le massif chilien enveloppé par les nuages. Sa présence s’impose comme une frontière. S’enfoncer davantage dans la cordillère impliquerait des turbulences plus fortes, mais le vol reste serein alors que le soleil descend lentement. Les montagnes révèlent leurs plis. Le vol permet une observation presque cartographique des Andes patagoniques, ce territoire de transition où forêt et steppe se disputent le terrain.
Dans cette trame apparaît le glacier Perito Moreno. Avec une superficie d’environ 250 kilomètres carrés, c’est l’un des rares glaciers au monde qui, jusqu’à récemment, se maintenait à l’écart des reculades généralisées. Mais il a commencé à reculer. Depuis l’air, sa profondeur vers le Champ de Glace Patagonique Sud témoigne de sa connexion intrinsèque à un système plus vaste : une réserve d’eau douce qui continue de modeler le paysage.
La direction change vers l’est. Nous nous dirigeons maintenant vers le glacier Viedma et son lac éponyme. Le soleil, bas et oblique, accentue les reliefs. Le glacier Viedma est le plus grand du Parc National Los Glaciares : près de 1 000 kilomètres carrés de glace qui descendent du massif vers un lac de dimensions similaires. La couleur laiteuse du Lac Viedma contraste avec les tons ocres de la steppe. Vallées et ravins se succèdent sans pause. La géographie ne lésine pas sur les ressources. La Patagonie, vue du ciel, est aussi éblouissante qu’à pied.
Fitz Roy, le sommet patagonique : où la terre s’élève vers le ciel
La dernière image est celle du Fitz Roy tant attendu. Lucas prévient quand il commence à apparaître à la limite du champ de vision. Il est partiellement couvert de nuages. Ce sommet, de 3 405 mètres d’altitude, attire montagnards et pèlerins du monde entier. Depuis l’air, il paraît parfait : le profil découpé, les aiguilles de granit, les glaciers suspendus, les forêts à la base. Il s’agit d’une zone protégée, où les survols doivent rester à distance prudente. Pourtant, il suffit pour emporter une image indélébile : une photographie mentale que aucun téléphone ne peut totalement capturer.
Le retour : quand le territoire devient expérience
Juan Manuel annonce le retour. Après un peu plus d’une heure de vol, nous entamons la descente vers El Calafate. Le trajet entre El Chaltén et l’aéroport se résout en à peine une demi-heure ; par la route, il faudrait plus de trois heures. Le soleil commence à se coucher complètement. La piste réapparaît entre les ombres. Le Cessna atterrit en douceur. L’expérience touche à sa fin.
De retour au sol, alors que nous roulons vers la plateforme, le nom de l’aéroport apparaît sur les panneaux : Armando Tola. Pionnier de l’aviation argentine, santacruceño, protagoniste de vols d’exploration en Patagonie australe. Il a volé pour Aerolíneas Argentinas, KLM et LADE, quand ces cieux étaient encore presque vierges. Ici, voler n’a jamais été qu’un moyen d’arriver. Cela a toujours été aussi une façon de comprendre le territoire.
Coordonnées :
Le safari photographique de Horizon Explorer Travel est conçu sur mesure. Il peut commencer depuis l’aéroport de El Calafate ou depuis l’aérodrome de El Chaltén, pour une durée d’une heure et demie.